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Les armes traditionnelles (co vo dao)Armes agrairesBong (baton long)Le bâton long est le fidèle compagnon du paysan nomade. Il était utilisé non seulement pour transporter de grosses charges mais également pour la cueillette.Le Bo-jutsu, technique du bâton longLe Bo est un bâton rond dont la longueur varie entre 1,6 m et 2,4 m. Il est fait dans un bois dur. Au Moyen Age, dans nos contrées, il était couramment utilisé par les paysans et les voyageurs non initiés au métier des armes. Au Japon, le Bo était utilisé dés le 12ème siècle et particulièrement apprécié des moines guerriers qui luttèrent contre Oda Nobunaga et Toyotomi Hideyoshi au XVIème siècle. Entre le XVIIème et le XIXème siècle (époque Tokugawa), la police shôgunale l'utilisait très souvent contre des brigands et rônins armés de katana. A son origine, l’art et le maniement du bâton long se situaient entre le Karaté-do et le Ken-jutsu. Le Bo-jutsu fut attesté par quatre katas spécifiques, originaires de Chine. L’étude de ces katas, de difficulté croissante, n’était transmise que comme une sorte d’annexe au cursus du Karaté-do. Dans les années 1960, Aoki Senseï, conscient de la valeur de cette pratique, entreprit de lui faire parcourir en quelques années le chemin qu’avait parcouru le Karaté-do en trois générations de Maîtres (Funakoshi Senseï, Egami Senseï, et lui même). A partir des quatre katas chinois, et de Eiko (forme de base du Shintaido créée par Aoki Senseï), il mit en place un programme d’étude sur les techniques de coupes. Ces techniques servaient d’introduction à l’étude des katas. Il adjoignit un cinquième kata contenant la totalité de ses découvertes dans la discipline. En 1978, Aoki Senseï réalisa un voyage en Amérique du Sud. Un an plus tard, il revînt avec un ensemble absolument inédit de techniques de projection, comprenant les réceptions et les attaques du bâton long :- Bo contre Bo - Bo contre mains nues - Bo contre Jo Le Jo est un baton court (1,40 m). Il ajouta au programme deux katas de Jo : - Hojo kata - Taichi jo kata S’inspirant de l’essence des trois premiers katas venus de Chine, Aoki Senseï donna naissance à trois katas plus courts : - Hi no kata (kata du feu) - Kaze no kata (kata du vent) - Mizuno kata (kata de l’eau) La quintessence de ces derniers katas, de difficultés également croissantes, est actuellement au cœur du programme de Bo-jutsu. Aujourd’hui, le Bo-jutsu est une discipline à part entière. Nourri de l’esprit même du Shintaido, il nous montre la pureté des formes du Shintaido, dans une esthétique toujours en mouvement. SpécificitésArme de longues distances souvent en rotin ou en bambou. Le maniement est fluide mais les applications plus sèches que les autres armes. La rapidité d'exécution tout comme son amplitude doit être dissuasif.ObjectifSavoir faire tourner le Bo autour du corps le plus rapidement possible sans déséquilibre et dans les 2 sens. Pour cela les hanches doivent être bloquée (position chao ma tan). Les poignets sont très souples et les épaules doivent s'efforcer de ne pas tourner. Ce sont en fait (dans un sens comme dans l'autre) une succession d'enchaînements de 4 attaques.PrincipesLa taille doit être plus ou moins égale à celle du Võ Sinh. Ne pas oublier que toute la force est concentrée aux extrémités du Bo. Les mains tiennent le Bo à chaque tier, ou bien la distance entre les mains est égale à la largeur des épaules. Par formalisme, on tient le Bo main gauche paume vers le haut et main droite paume vers le bas. En position de garde, l'extrémité gauche pointe vers l'adversaire, le Bo est contre le corps, l'angle par rapport au sol est d'environ 45°.Cau liem (serpe)Cuu khucLa chaîne est divisée en plusieurs sections en métal (7, 9 ou 13) reliées entre elles par des anneaux. C'est une arme souple redoutable pouvant être utilisée par paire pour fouetter ou percer un adversaire. Un morceau de tissus est souvent attaché au bout de celle-ci améliorant l'aspect visuel, son contrôle et réduisant les risques pour le pratiquant de se blesser. La chaîne demande, tout comme le tri-bâton, une grande maîtrise.Long gian (fléau à 2 branches ou nunchaku)Cette arme très connue sous le nom de nunchaku (nom japonais) était à l'origine un fléau en bois qui servait à piler le riz et le blé. Sa notoriété est intervenue au travers des nombreux films d'arts martiaux tels que ceux de Bruce Lee. Le nunchaku est un objet qui peut nous paraître très connu, grâce à son utilisation au cinéma, dans certains film "d'actions", ou dans certaines séries télévisées. Il s'agit en réalité d'une discipline très aboutie et dont on ne peut imaginer tous les aspects sans en avoir été instruit par une personne compétente. Plus que tout autre Art Martial, le Nunchaku est synonyme de dextérité et maîtrise. Il est commun de dire que son origine remonterait à l'invasion de l'île d'Okinawa par les seigneurs féodaux japonais, qui interdirent toutes les armes afin d'obtenir la soumission totale des habitants. Alors, les paysans adaptèrent leurs outils pour en faire des armes. En fait, son utilisation se retrouve également en Europe. Ce fut notamment le cas lors des très nombreuses révoltes paysannes chez nous en France au Moyen âge. Les paysans utilisaient ce qu'il convient d'appeler des armes par destination (fléaux, fourches, rames...) puisque là aussi les armes par nature (sabres, épées...) leur étaient interdites. Chacun utilisait ce qu'il avait, puisque le port de l'épée était réservé aux nobles. Le fléau servant à battre le blé ou le riz fut donc utilisé sous différentes formes aussi bien en Occident qu'en Extrême Orient. Il convient cependant de préciser que les formes codifiées de combat avec ces outils agraires apparurent tout d'abord en Chine. Actuellement, pour des raisons de politique sportive du Ministère chinois chargé des sports, la pratique de cette arme n'est pas développée, mais c'est une autre histoire. Le nunchaku doit sa popularité à son apparition dans l'un des films de Bruce Lee: "Opération Dragon". Bruce Lee fait en effet preuve d'une dextérité étonnante et allie des techniques de nunchaku de combat à une gestuelle artistique...Le fond et la forme, l'art et la technique sont réunis et le résultat est impressionnant! C'est tout un art de manier le nunchaku, cette arme redoutable qui peut se retourner contre son utilisateur au cours d'un combat si celui-ci ne le maîtrise pas parfaitement. Mais cela peut également être un plaisir que de l'utiliser dans le cadre d'une simple pratique artistique. Ici viennent d'être introduits les deux principaux aspects de la pratique du nunchaku : le nunchaku artistique, le nunchaku de combat.Le Nunchaku ArtistiqueEn artistique, on utilise un nunchaku en mousse pour débuter puis un nunchaku en bois ou en plastique une fois les bases acquises. Le poids du nunchaku est très important en fonction de l'expérience de la personne : un nunchaku trop lourd ralentit considérablement le mouvement tandis qu'un autre trop léger est totalement incontrôlable. Quand on sait que la perfection et la précision du mouvement ainsi que la vitesse d'exécution sont les principaux objectifs que tente d'atteindre le pratiquant... Une autre caractéristique du nunchaku artistique est que ses deux branches sont le plus souvent reliées par une chaîne montée sur roulements à billes. Ceci pour accélérer encore les rotations et pour faciliter les mouvements autour de la main.Le Nunchaku de CombatAu contraire, le nunchaku de combat est systématiquement équipé d'une corde qui assure au deux branches une stabilité parfaite dans le mouvement, ainsi qu'une plus grande puissance d'exécution due à la rigidité de la corde sous tension. On utilise pour l'entraînement au combat un nunchaku en bois, de 35 cm de longueur et de forme octogonale (Rien de tel pour apprendre à placer correctement sa main que de recevoir plusieurs fois de suite un coup sur le pouce!). En compétition, le nunchaku en mousse, le casque et les gants sont imposés. Cela vous donne une idée de l'efficacité de l'engin !Ma Dao (cimeterre ou coupe coupe)Moc can (tonfa)Son utilisation originelle permettait aux paysans de moudre les graines de céréales en l'utilisant comme manche pour tourner les meules. Il est muni d'une poignée latérale au tiers de sa longueur et mesure 50 cm. Pour obtenir une bonne maîtrise technique et une certaine dextérité, sa pratique demande beaucoup de souplesse, de force et d'agilité dans les doigts et les poignets. L'utilisation de cette arme repose sur le mariage de la souplesse et de la force afin de doser l'intensité lors de son utilisation aussi bien en impacts reçus que donnés. Il s'utilise par paire pour donner un maximum d'efficacité.Song con (bâtons courts)Tham thiet gian (fléau à 3 branches)Le tri-bâton encore appelé fléau à 3 branches ou nunchaku à 3 branches est une arme délicate à manier. Beaucoup plus long que le long gian son utilisation est propice au combat face aux armes de longue portée.Tien bong (baton court)Ne trouvant pas le bong adapté pour vaincre un adversaire armé d'un sabre, la solution fut d'utiliser un baton court. Utilisé par deux, cet ustensile courant pouvait servir autant pour l'attaque que la défense. La taille du bâton court est comprise entre 0,80 cm et 0,90 cm permettant de le dissimuler facilement.Armes militaires dites "nobles"Dai dao (hallebarde)La guisarme est une arme utilisée pour le combat rapproché. En raison de son poids important, elle demande une forte assise au sol pour celui qui la manie. De ce fait l'énergie cinétique, lorsqu'on la manie, est très importante et en fait une arme très puissante, capable de tailler, percer et arracher les armures. Cette arme était utilisée par l'infanterie, permettant ainsi d’arrêter une charge de cavaliers en plantant le dai dao dans le sol face à l'ennemi. Un autre maniement était de couper les jarrets des chevaux à l'aide du crochet dont elle est munie, toujours, à distance ou encore de désarçonner les cavaliers en l'employant tel un hameçon au niveau des jointures de leurs armures.Dao (couteau)SpécificitésArme de courte distance pour piquer, trancher et tordre. Ne nécessite pas de force mais de la vitesse. Il existe 4 attaques et 12 techniques de défense (3 différentes pour chaque attaque).VarianteSong Dao (le Double Couteau), d'apparence, c'est un couteau classique à part qu'on peut le séparer en 2. Cela permet donc d'avoir un couteau dans chaque main. Par formalisme, on tient le couteau gauche pique vers le haut et le droit vers le bas. On élargit ainsi les possibilités d'attaque, de défense et de contre-attaque.Attaques 1 - Couteau tenu pique vers le bas, mouvement vertical de haut en bas 2 - Couteau tenu pique vers le haut, mouvement horizontal extérieur vers intérieur 3 - Couteau tenu pique vers le bas, mouvement horizontal intérieur vers extérieur 4 - Couteau tenu pique vers le haut, pique droit devant Doan guom (sabre court)Guom (sabre long)Le sabre long était une arme d’officier au maniement difficile. Sa pratique nécessitait un entraînement rigoureux. C'est pourquoi aujourd'hui cette arme garde toute sa noblesse et fascine encore le pratiquant.Kich (lance)Kiem (épée)SpécificitésC'est une arme de moyenne distance. Aucun besoin de forcer parce que l'arme est très tranchante. On fludifie ainsi le mouvement par soucis de vitesse.ObjectifAvoir toujours dans l'esprit la protection de soi-même pendant les phases de contre-attaque. On ne fait pas plus de 3 attaques successives sur le même adversaire puisqu'on suppose l'arme très efficace. Dans la recherche de la fluidité, le bras ne tenant pas le Kiem effectue les mouvements symétriques à l'autre bras pour compenser le déséquilibre.PrincipesLe Kiem se tient le plus près possible de la lame. Le Kiem est composé de 3 parties : le 1er tier (le pic), le 2ème (le centre) et le 3ème (la base). Le 1er sert à piquer, le 2ème à trancher et le 3ème à bloquer.Quat (éventail)C'est une arme blanche japonaise formée d'un éventail, dont les pales sont faites en métal, de façon à pouvoir rapidement, et discrètement, tuer un adversaire. Sur le plan historique, le quat a commencé à exister lorsque les européens ont amenés au Japon des éventails. Les japonais se sont inspirés de cette forme dépliables de l'éventail qu'eux ne connaissaient pas pour en faire une arme digne des légendes populaires. Pendant le Moyen-Age au Japon, le chef de guerre (le shôgun) portait un "gunsen" (littéralement: "éventail de guerre") : ce type d'éventail avait une monture forgée en acier et servait à la fois de signe de ralliement et de direction des troupes (brandi ouvert), et à la fois de garde et de protection (une fois fermé) lors d'un combat au sabre. Le quat, de forme plus européenne, était plutôt réservé aux femmes, qu'elles avaient toujours à portée de main, et qu'elles apprenaient à manier dès leur plus jeune âge. Le quat était utilisé à la fois comme armes défensives dans les palais qui interdisaient souvent le port d'un sabre ou d'un couteau.SpécificitésChaque branche de l'éventail contient à son extrémité un pic. C'était une arme très utilisé par les maîtres, les femmes ainsi que les voyageurs puisque d'apparence annodine et désintéressée son maniement nécessite beaucoup d'agilité et de maîtrise.ObjectifSavoir faire tourner l'éventail autour du corps avec un mouvement symétrique de l'autre bras (comme pour le Kim). Il existe huits ouvertures possibles :1- Vertical descendant 2- Vertical remontant 3- Diagonale descendant de gauche à droite 4- Diagonale descendant de droite à gauche 5- Diagonale remontant de gauche à droite 6- Diagonale remontant de droite à gauche 7- Horizontal gauche à droite 8- Horizontal droite à gauche PrincipesNe jamais montrer que l'on force en le maniant, ce serait aller à l'encontre de son essence. Après un mouvement du bras, on arrête le mouvement en durcissant le poignet et en relachant les petits doigts, cela crée les ouvertures et fermetures.Song dao (couteau)Les sabres papillons utilisent des techniques très amples, généralement symétriques pour trancher ou faire saigner l’adversaire. La longueur de la lame doit permettre la protection de l'avant bras tout entier. La garde est destinée à protéger la main, à dévier ou à bloquer une attaque de sabre et permettait d'en casser la lame. C'est donc un exercice réclamant une parfaite coordination technique des membres supérieurs ainsi qu'un total équilibre du corps tout entier.Thuong (lance)La lance est en rotin souple comme le bâton long et la pointe ne doit pas dépasser la hauteur des yeux. Cette arme très dangereuse associée à l'élément Feu, était l’arme de base du fantassin. Tout comme le cuu khuc, un morceau de tissus peut être fixer à la pointe pour perturber l'adversaire.Yen Dao (couteau) |
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